Les interfaces riches sont formidables car elles nous permettent de repousser toujours plus loin les limites des sites web et du bon vieux HTML. Mais par moment on se demande s’ils ne les repoussent pas trop loin ces limites… Prenez par exemple ces trois sites qui proposent une interface gestuelle :
- Red Issue, un site de styliste où il faut tracer des flèches sur les bords de l’écran pour parcourir les différentes pages du site

La navigation gestuelle de Red Issue
- Toshiba What’s Next, un mini-site “expérientiel” où les éléments du décors réagissent en fonction des symboles que vous tracez à l’écran

Le mini-site What's Next de Toshiba
- Citroën DS Inside avec son configurateur gestuel

Le configurateur gestuel de la Citroën DS
Tout ça c’est très sympa mais est-ce réellement viable ? Si vous êtes un créateur en décalage par rapport au marché et à vos concurrents, admettons que vous ayez besoin de vous démarquer à tout prix. Mais si vous êtes une marque grand public avec des produits grand public et que vous devez séduire le… grand public, alors je m’interroge sur la pertinence d’une telle démarche.
Il est à mon sens essentiel de mettre en valeur les produits (ou l’expérience qu’il proposent) au travers d’une interface novatrice dans la présentation et la mise en scène, mais pas dans le système de navigation / manipulation. Ce dernier est en effet soumis aux mêmes règles d’utilisabilité que les sites en HTML : simplicité, facilité d’apprentissage, guidage, tolérance aux erreurs…
Bref, je reste persuadé qu’il y a un fort décalage entre l’ambition affichée par les deux dernières marques (qui, quoi que le directeur marketing ou l’agence en pensent, restent des marques grand public) et les produits vendus (qui ne sont pas censés révolutionner le marché). Apple n’a pas eu besoin de ce type d’interface pour promouvoir son iPod ou son iPhone, un “simple” site web suffit : simple, utile, informatif. Et puisque l’on parle de l’iPhone et de son interface tactile, je précise que les trois exemples montrés plus haut me font plus penser à l’interface d’un Palm Pilot qu’autre chose.
Ne vous méprenez pas sur ma prise de position, je reste un fervent adepte des interfaces riches appliquées au e-commerce, mais on ne peut pas tout se permettre sous prétexte que les objectifs de vente sont élevés (”il faut frapper un grand coup“). Le but du jeu est de séduire, pas de désorienter, non ?
(via Hebiflux et Interfaces riches)