Pourquoi la rivalité entre HTML5 et Flash ne rime à rien
Si vous suivez ce blog régulièrement, alors vous devez nécessairement vous intéresser à minima aux technologies qui propulsent le rich commerce (oui, c’est bien de Flash dont je parle). Je n’ai volontairement jamais abordé la question du choix des technologies sur ce blog car j’estime qu’elle n’est pas pertinente. D’une part, car je le fais sur un autre blog (Pourquoi HTML5 et Flash ne peuvent être comparés et Flash et HTML5 ne sont pas concurrents) et parce que la technologie importe peu, ce qui compte, c’est l’expérience que vous allez faire vivre à vos clients et prospects. Bref, je sors de mon silence car ces derniers mois nous assistons à une authentique mise à mort médiatique de Flash. Je ne sais pas trop d’où cette tendance (manie ? perversion ?) est partie, toujours est-il qu’elle génère une sacrée polémique dont le point d’orgue est l’annonce récente de la réorientation stratégique d’Adobe vers HTLM5 et AIR plutôt que Flash sur les smartphones (Compte-rendu de la conférence Back From MAX 2011).
Si vous suivez un minimum l’actualité du web, vous avez sûrement du voir passer d’innombrables articles annonçant la mort de Flash et la suprématie de HTML5. Inutile de vous dire que je n’approuve absolument pas ces articles racoleurs qui ne sont que le reflet du manque évident de réalisme des personnes qui les ont rédigés. Dans le souhait de vous épargner une laborieuse explication technique, je me contenterais de répéter ce que j’ai déjà publié ailleurs : personne ne vous oblige à choisir entre Flash et HTML5, et certainement pas les utilisateurs, car ces deux technologies sont complémentaires. Vous pourriez me ressortir le sempiternel argument des terminaux mobiles comme l’iPhone ou l’iPad qui ne lisent pas le Flash et je vous répondrais qu’il faut être très naïf optimiste pour penser que vous arriverez à séduire vos cibles sur différents supports avec un seul site web. En ce sens, je rejoins tout à fait la position du collectif OccupyHTML : « Nous voulons avoir la liberté de choisir la technologie qui apportera la meilleure expérience aux internautes« . Pour illustrer mon propos, je vous propose de découvrir deux exemples récents exploitants Flash et HTML5.
Commençons tout d’abord avec Nissan qui vient de lancer un mini-site pour sa Juke (Nissan Juke 3D) proposant un visualisateur en 3D temps réel tournant sur la dernière version de Flash :
Comme vous pouvez le constater, le rendu 3D est tout simplement stupéfiant (il doit bien y avoir 200.000 polygones à l’écran), incomparable avec ce que l’on avait l’habitude de voir il y a quelques années (cf. Le B-A-BA de la 3D dans Flash). Certes, l’animation est longue à charger, mais le rendu photo-réaliste vaut largement l’attente.
Est-ce qu’il serait possible de réaliser ce genre de chose avec HTLM5 ? Oui, mais en utilisant WebGL, un standard supporté par une minorité de navigateurs (les dernières versions de Chrome et Safari). Est-ce qu’il serait possible de réaliser une application équivalente sur iPad ? Oui en compilant la scène 3D dans une application distribuée via l’App Store comme il en existe déjà (Le rich commerce à l’assaut de l’iPad). Est-ce que le transformation serait plus élevé avec une application HTML5 plutôt que Flash ? Non, bien sûr que non, ça n’a rien à voir.
Deuxième exemple avec Honda qui propose un mini-site très rigolo (The Experiment) mettant en scène différents objets de notre quotidien qu’il est possible de combiner pour provoquer des réactions en chaine :
Est-ce qu’il serait possible de réaliser ce genre de chose avec Flash ? Oui, mais puisque ça fonctionne bien en HTML5, autant le faire comme ça. Est-ce qu’il est possible de réaliser une application équivalente sur iPad ? J’en doute, car ce mini-site se manipule à la souris, il faudrait revoir l’interface pour l’adapter à un écran tactile. Est-ce que le transformation serait plus élevé avec une application Flash plutôt que HTML5 ? Non, bien sûr que non, ça n’a rien à voir.
Au final, comme vous pouvez le constater, Flash et HTML5 sont des technologies offrant des possibilités différentes et induisant des contraintes différentes. Les deux se complètent très bien et ne vous forcent en aucun cas à choisir, car la solution universelle n’existe pas. Ceux qui prétendent le contraire ne se sont pas réellement penchés sur la question. Je referme donc cette parenthèse technique pour me concentrer à nouveau sur les usages et les expériences.








































