Les constructeurs automobiles français pas encore au point sur les terminaux mobiles

Les constructeurs automobiles ont toujours été très friands d’interfaces riches, vous trouverez de nombreux exemples en parcourant les archives de ce blog. Aujourd’hui, les mini-sites en flash ne sont plus trop à la mode, si ce n’est pour des réalisations très spectaculaires comme celles de Volvo Trucks ou le récent Race the Sun de Land Rover qui propose une série de mini-jeux synchronisés avec votre smartphone. Il ne reste que quelques irréductibles à proposer un site 100% Flash comme celui de la marque aux chevrons (un bel anachronisme).

Donc dans l’ensemble, les constructeurs automobiles font un usage beaucoup plus modéré de Flash, mais ce n’est pas pour autant qu’ils adressent de façon efficace les terminaux mobiles. Lexus propose ainsi un très beau magazine en ligne en Flash (Beyond Magazine) qui n’est absolument pas compatible avec les smartphones et tablettes.

Le magazine en ligne de Lexus
Le magazine en ligne de Lexus

Et quand bien même il n’était pas réalisé en Flash, il faudrait quand même un peu de travail d’optimisation pour qu’il puisse être consulté dans de bonnes conditions sur un terminal mobile (à l’image du BMW Magazine qui est malheureusement bloqué en Europe). Il en va de même pour les sites web, qui même s’ils sont réalisés en HTML restent difficilement consultables sur smartphone ou tablette. Pour pallier à ce déficit de compatibilité, les constructeurs ont adopté différentes approches.

La première tactique consiste à déployer des applications mobiles. C’est ce que font des constructeurs comme Ford, qui en propose un certain nombre sur Ford Mobile Showcase, ou Audi qui équipe ses concessions (Audi sees iPad app as major sales tool) et qui s’associe avec des éditeurs de services mobiles (Audi / INRIX Sources ParkMe for Live Parking Information).

La deuxième approche consiste à proposer une version mobile de son site, comme le font Renault ou Peugeot.

Le site mobile de Renault
Le site mobile de Renault
Le site mobile de Peugeot
Le site mobile de Peugeot

Vous conviendrez que dans le premier cas, c’est très austère (ça ne donne pas vraiment envie), alors que dans le deuxième cas, il y a trop de raffinements (on ne s’y retrouve pas vraiment). Il existe pourtant de très bons exemples comme Dodge qui propose un site mobile à la fois simple à manipuler et très réussi visuellement.

Le site mobile de Dodge
Le site mobile de Dodge

D’autres constructeurs proposent enfin des sites web hybrides qui fonctionnent aussi bien sur un ordinateur que sur un smartphone ou une tablette. C’est notamment le cas d’Audi USA :

Le site d'Audi USA
Le site d’Audi USA

C’est également le cas de VW en Norvège qui propose un site à part : Volskwagen Showroom.

Le site de VW en Norvège
Le site de VW en Norvège

Ces deux sites ont été conçus selon le principe du responsive design, une technique permet d’avoir une mise en page qui s’adapte à la largeur de l’écran, comme c’est le cas pour le site de Peugeot.

Est-ce réellement utile de propose à la fois un site web compatible, un site mobile ET des applications mobiles ? Oui j’en suis persuadé, car les terminaux alternatifs comme les tablettes sont de plus en plus utilisés à domicile : Retailers must have tablet-first Web experiences in post-PC world. À partir de ce constat, pourquoi se contenter d’une solution en demi-teinte comme le responsive design qui reste un compromis ?

Si les distributeurs indépendants peuvent se contenter d’une solution unique (cf. Responsive Dealer Website), une marque avec un minium d’ambition se doit de proposer un large éventail de solutions :

  • Un site web avec une mise en page flexible pour les ordinateurs et tablettes ;
  • Un site web mobile pour les smartphones ;
  • Des applications mobiles pour des usages très spécifiques (ex : configurateur événementiel pour le lancement d’un nouveau modèle) ;
  • Des mini-sites très spectaculaires (donc destinés aux ordinateurs) pour une opération limitée dans le temps ;
  • Des mini-sites « plaquettes » avec une mise en page et une manipulation adaptée aux tablettes…

Vous l’aurez donc compris, il n’existe pas de solution miracle et il faut un minimum d’investissement pour pouvoir apporter de la satisfaction à des prospects et clients dont les usages se dispersent sur différents types de terminaux. Google a publié à ce sujet un certain nombre d’articles et études sur le Customer Journey to Online Purchase et le Zero Moment of Truth, et plus spécifiquement sur le Mobile Path to Purchase.

Vous pourriez me dire que tout ceci augmente considérablement le budget de développement et que le ROI est plus qu’incertain, et je vous répondrais que vous n’avez pourtant pas vraiment le choix, car cela correspond à un véritable changement de comportement et d’habitudes chez les prospects et clients. Ceci étant dit, nous commençons à avoir un minimum de recul sur la question et les premiers résultats de dispositifs mobiles sont plutôt encourageants : Responsive Design for the Automotive Industry.

La moralité de cet article est qu’il faut investir beaucoup de ressources et d’énergie pour avoir un dispositif en ligne performant, aussi bien en matière de séduction, de transformation, de référencement… Dans tous les cas de figure, simplifier son site web pour le rendre compatible avec les terminaux mobiles est forcément bénéfique pour l’expérience utilisateur. L’exemple d’Audi USA me semble particulièrement parlant, car le site est au final beaucoup plus percutant. Vous ne trouvez pas ?

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