Tesco expérimente l’hypermarché du futur avec une interface en 3D

Vous ne connaissez peut-être pas la chaine de distribution Tesco, originaire d’Angleterre, mais vous avez sans aucun doute déjà entendu parlé de cette expérimentation un peu folle dans le métro de Séoul où les usagers font leur course en prenant en photo les produits affichés au mur. Au final, une expérience pas si folle, car elle a été récupérée par un grand acteur de la distribution en France : Carrefour lance deux magasins virtuels. Je ne suis pas particulièrement fan de la stratégie du suiveur réactif, mais cette expérience permet d’en savoir un peu plus sur la façon dont les clients appréhendent et exploitent les NTIC.

Toujours dans cette logique d’expérimentation, Tesco est en train de tester un concept particulièrement innovant d’hypermarché en 3D : Tesco nears ‘dream’ of 3D ecommerce offering. L’idée est d’aspirer les catalogues de différents marchands et de créer un environnement 3D immersif dans lequel l’utilisateur s’immergera grâce à une TV connectée et le dispositif Kinect de la XBox.

Vous pourriez me dire qu’il existe déjà de nombreux concepts de magasins 3D, comme ceux proposés par Auchan ou par Sony, mais celui-ci se différencie par la volonté de proposer une interface beaucoup plus réaliste (grâce à la captation de mouvements) et des rayons personnalisés en fonction de l’historique d’achat des clients. L’interface est die « naturelle », car il suffit de tourner la tête ou le buste pour parcourir les linéaires, de se pencher pour zoomer et de pointer du doigt un produit pour l’acheter.

Le concept d’hypermarché 3D de Tesco

La technologie, baptisée Store Trek, est développée par l’agence Keytree et me laisse tout de même très sceptique. Pour que l’expérience soit concluante, il faut dans un premier temps être équipé du matériel requis (smart TV + Xbox), et dans un deuxième temps, obtenir l’autorisation des différents marchands pour accéder à leur catalogue et l’historique d’achat via des APIs. Autant vous dire que ça fait beaucoup (trop) de conditions. Nous devrions en savoir plus le 25 octobre prochain lors de la conférence IAB Engage où les représentants de Tesco feront une démonstration détaillée.

Je suis par contre beaucoup plus intrigué par le principe de dark stores mis en place en Angleterre : Tesco to build national network of online-only dark stores. Ces magasins cachés (littéralement) servent ainsi de point de distribution de proximité pour les clients de la boutique en ligne qui veulent trouver des produits en particulier, mais ne souhaitent pas de déplacer dans les hypermarchés.

5 commentaires pour “Tesco expérimente l’hypermarché du futur avec une interface en 3D”

  1. Posté par Olivier Sauvage a dit : le

    Ce genre d’expériences se multiplient. Ce qui est intéressant ici, c’est qu’elle converge avec la TV connectée, comme on peut le voir sur la vidéo. A mon sens, le canapé et le salon vont devenir assez rapidement des lieux de shopping à travers la télé, non seulement dans des interfaces de shopping, mais à peu près dans toutes les émissions possibles.
    Je reste en revanche très dubitatif sur la 3D, car plutôt que d’enrichir réellement l’expérience utilisateur, elle la complexifie en l’obligeant à déployer plus d’efforts pour accomplir ses objectifs : bouger son corps au lieu de son doigt, passer par un mode de navigation en 3 dimensions alors qu’une interface web est en réalité multidimensionnelle grâce à l’utilisation des liens hypertextes.
    Mais il faut apprécier ce genre de projets qui montrent la voie vers ce que seront les interfaces de communication futures.

  2. Posté par Frederic Gaillard a dit : le

    Intéressant pour montrer les limites de la métaphore du réel (me fait penser aux nombreuses métaphores du bureau virtuel qui représentaient un vrai bureau physique).
    Je reste très sceptique pour avoir pratiqué de nombreux tests d’univers immersifs (avec ou sans eye-tracking) ou des tests en magasin (devant linéaire) avec eye tracker.
    L’univers 3D est encore très souvent perçu comme moins riche et moins facile à appréhender qu’une interface 2D bien structurée, car le champ de vision de l’utilisateur est très largement inférieur à ce qu’il peut voir dans la réalité.
    Toutefois, les développements de jeux video complexes avec des tableaux de bord permettant de multiplier les sensors me laisse penser que les générations à venir nourries de wow et tout autre univers virtuel devraient mieux s’adapter à ces environnements

  3. Posté par Frédéric Cavazza a dit : le

    @ Frédéric > Certes, mais les joueurs de WoW ou de RTS avec des tableaux de bord complexes et de multiples paramètres à gérer en temps réels ne représentent qu’une minorité des jeunes. Je doute également que l’appétence pour ce type d’interfaces augmente avec le temps. Du moins pour de l’alimentaire (je suis un peu plus optimiste pour le Sony Home).

  4. Posté par Les articles publiés sur mes autres blogs en octobre 2012 « FredCavazza.net FredCavazza.net a dit : le

    […] Tesco expérimente l’hypermarché du futur avec une interface en 3D […]

  5. Posté par raphi a dit : le

    On arrete pas le progres… et aussi la fin des petits commerces! ceux qui n’ont a peine les moyens de payer un site web, alors la 3D…