Le début de la fin du renouveau du commerce en ligne

Dans le monde de l’édition, le terme “marronniers” désigne des sujets qui reviennent régulièrement comme le salaire des cadres ou les prix de l’immobilier. Pour le web, c’est la même chose : nous avons régulièrement droit à la startup qui ambitionne le devenir le nouveau Google / Amazon / Facebook, la technologie révolutionnaire qui va bouleverser le monde ou la fin du commerce en ligne.

Dernièrement, j’ai lu un article très convaincant sur ce thème : The End of The Beginning Of Ecommerce. L’auteur nous y explique que la période de domination des pure players est révolue et que le modèle d’avenir est le brick & mortar. Rien de très nouveau puisqu’on en parlait déjà il y a 10 ans. Sauf que… je capte des signaux à droite et à gauche qui accréditent quand même cette théorie et me font penser que le commerce en ligne tel que nous l’avons connu est en train de disparaitre. Comprenez par là que les habitudes de consommation évoluent et que les pratiques des commerçants s’adaptent en conséquence. L’an dernier j’avais donné une conférence sur les tendances et nouveaux modèles du commerce en ligne. Elles sont toujours d’actualité, mais nous avons maintenant de nouveaux éléments à prendre en compte.

Il y a dans un premier temps l’évolution des réflexes d’achat des internautes :

Il y a ensuite l’intensification des synergies entre les activités marchandes en et hors ligne :

Et il y a enfin la montée en puissance de la distribution de proximité et du secteur des produits frais :

La télécommande d'Amazon pour faire ses courses

La télécommande d’Amazon pour faire ses courses

Nous savions déjà que les services de Drive remportaient un vif succès, mais avec son Dash, Amazon prend une grosse longueur d’avance. Je dois vous avouer que je l’avais pas vu venir.

Nous avons donc d’un côté Fresh et Dash pour les produits de consommation courante, et de l’autre Music, Kindle, Fire, Fire TV… pour les divertissements ; le tout opéré par deux réseaux de distribution ultra-compétitifs (logistique physique et numérique). Aucun doute, Amazon est le maître incontesté du commerce en ligne. Et comme si ça ne suffisait pas, de nouveaux géants sont en train d’émerger, à l’image de Rakuten, Alibaba ou l’allemand Rocket Internet : No longer just a clone factory, Rocket Internet has huge plans for global e-commerce.

Je ne vous ferais pas l’affront de conclure mon article par un “il faut gommer le e du e-commerce”, j’essaye simplement de vous expliquer que le commerce en ligne est un domaine extrêmement compétitif où la remise en question permanente est la seule stratégie viable, c’est une question de survie. L’exemple d’Amazon est selon moi emblématique : Amazon n’est pas un opérateur de boutiques en ligne, c’est un simplificateur du quotidien. Tout ce qu’ils vendent peut être trouvé ailleurs, mais ils rendent l’achat de produits du quotidien et de divertissements plus abordables et plus simples. Au final, tous ces débats autour du cross-canal, des magasins connectés…  ne se résument qu’à ça : simplifiez-vous la vie de vos clients ou pas ?

Quand je regarde un projet comme ChicTypes, je me dis que c’est ça le nouveau visage du commerce (en ligne ou pas) : simplifier la vie des clients. À vous de faire votre travail d’introspection et de vous aligner sur cette nouvelle réalité.

Mannequin 3D chez eBay et cabines d’essayage virtuelles chez Carrefour

2014 sera l’année de la virtualité (La réalité virtuelle sera-t-elle le prochain eldorado des annonceurs ?), et le secteur de la distribution ne sera pas en reste. J’imagine que vous devez commencer à vous lasser des articles sur les différentes technologies de mannequin virtuel que je publie régulièrement (dernièrement avec Fits.me et Styku), mais quand se sont les poids lourds du secteur qui investissent, forcément on tend l’oreille (en l’occurrence les yeux). C’est donc avec beaucoup d’intérêt que j’ai appris le rachat de PhiSix par eBay : eBay Acquires PhiSix To Integrate 3-D Virtual Try On Technology Across The Marketplace And More.

PhiSix est une technologie développée en 2012 qui permet de générer des modèles 3D de vêtements à partir de simples photos. Ces vêtements peuvent ensuite être utilisés pour faire des vues à 360° ou pour habiller un mannequin virtuel :

La technologie PhiSix en action sur ce mannequin 3D

La technologie PhiSix en action sur ce mannequin 3D

Les équipes d’eBay prévoient d’intégrer cette technologie sur la place de marché, mais également sur les applications mobiles et même les offres du groupe, notamment Magento.

Vous pourriez me dire que tout ça est très intéressant, mais que si le mannequin n’a pas les mêmes mensurations que les internautes, cette technologie de rendu 3D ne présente qu’un intérêt limité. C’est justement là où les scanners corporels installés dans les centres commerciaux peuvent viabiliser le dispositif. Des sociétés comme Me-ality proposent ainsi des scanners en libre service (Centres commerciaux : un scanner corporel pour relancer les ventes). On trouve également des scanners dédiés comme cette cabine de prise de mesure, réalisée par mPort, qui est exploitée en partenariat avec la boutique australienne de costumes InStitchu : Une cabine, un scan 3D et un costume sur-mesure.

La cabine de prise de mesures de mPort

La cabine de prise de mesures de mPort

Enfin dans les autres applications de la virtualité, il y a les cabines d’essaye virtuelle en cours de test dans certains centres commerciaux français : Carrefour teste des cabines d’essayage virtuelles. Le dispositif est intimidant, mais les clientes sont incitées à partager les photos de leurs essayages virtuels sur Twitter pour gagner des bons d’achat. Précisons que ces cabines sont fournies par Clear Channel (plus d’infos sur le communiqué de presse officiel).

Les cabines d'essayage virtuelles en test chez Carrefour

Les cabines d’essayage virtuelles en test chez Carrefour

Vous pourriez enfin me dire que tout ceci est intéressant, mais nécessite des développements importants autour d’applications propriétaires, et je vous répondrais que pas forcément, car la 3D est en train de se démocratiser : De la 3D encore plus performante dans votre navigateur grâce à WebGL et WebCL. Nous pouvons ainsi tout à fait imaginer des bornes uniquement équipées d’un navigateur, les programmes de captation et de rendu tournant directement dans le navigateur. Ce qui faciliterait grandement le déploiement, la mise à jour des applications et surtout toutes les interactions autour des mannequins 3D et des produits (partage sur les médias sociaux, archivage associé à un compte…).

2014 sera l’année de la virtualité, j’en suis persuadé.

Classement 2014 des meilleurs acteurs du commerce en ligne

Pour la deuxième année, le cabinet iVentures Consulting nous propose les résultats de son étude sur les acteurs du commerce en ligne les plus performants : eShopper Index 2014. Dans le classement publié l’année dernière, les grands vainqueurs étaient Net-à-Porter, Zalando et Amazon. Cette année, on prend (presque) les mêmes et on recommence :

Le classement des meilleurs boutiques en ligne

Le classement des meilleures boutiques en ligne

Outre les deux géants Amazon et Zappos, l’européen Zalando s’impose donc comme l’acteur le plus performant. Ce classement est établi en fonction de nombreux critères : expérience d’achat, présence sur les moteurs de recherche et médias sociaux, compatibilité avec les terminaux mobiles, services… 130 entreprises de 11 secteurs d’activité ont ainsi été auditées selon 250 critères. Plus de la moitié des sites analysés présentent des points de rupture importants dans le parcours d’achat, alors que 79% disposent “d’opportunités d’amélioration importantes” (je vous laisse le soin d’interpréter cette formulation).

Les sites les plus performants proposent une expérience cohérente :

  • Des informations claires et faciles à trouver au travers des moteurs de recherche, des médias sociaux ou de leur version mobile ;
  • Une expérience simple, rapide, fluide et rassurante tout au long du dialogue de vente, avec un service client réactif ;
  • Un bon niveau d’information sur l’état de leurs commandes, une livraison rapide, des contenus de colis de qualité, ainsi qu’une grande facilité pour le retour et le remboursement ;
  • De la continuité et de la cohérence entre l’achat en ligne et les réseaux de distribution (le retour/échange en magasin, possibilité de prendre RDV en magasin depuis le site ou l’application mobile, de commander un produit manquant alors qu’on est dans le magasin pour se faire livrer chez soi).

Une étude d’envergure comme en aimerait en voir plus souvent. Par contre, je suis un peu déçu de ne pas retrouver dans la liste des sites comme American Eagle, L.L Bean ou Eddie Bauer, ceux-ci étant selon moi des modèles du genre (cf. À la recherche de la page produit parfaite).

Quelques chiffres-clés issus de l’étude :

  • 54% des acteurs ayant un réseau de distribution proposent le retour en magasin ;
  • 42% ne proposent pas le retour gratuit ;
  • 67% ne joignent aucun mot de remerciement dans leurs colis ;
  • 40% ne communiquent aucune date estimative de livraison dans le message de confirmation de commande ;
  • Seulement 27% proposent des vidéos sur leur page produit ;
  • Seulement 13% disposent d’une version mobile.

Les grands enseignements de cette étude sont les suivants :

  • Les acteurs de la distribution traditionnelle ont rattrapé leur retard sur les pure players (ils représentent 75% du Top 20) ;
  • Les distributeurs multi-marques ont acquis une plus grande maîtrise du numérique (seulement 20% de marques dans le Top 20) ;
  • Les acteurs européens s’en sortent très bien vis-à-vis des acteurs US (ils sont d’ailleurs majoritaires dans le Top 20) ;
  • Des secteurs comme Parfums & Cosmétiques ains que Luxe sont à la traîne ;
  • Les deux premiers sont à la base des distributeurs de chaussures (je ne sais pas trop quelle conclusion en tirer).

À noter le carton rouge pour Ikea qui se retrouve avant-dernier du classement, malgré une certaine ancienneté.

Un grand bravo à Aurelia et Christophe pour cette étude. Vivement l’édition 2015 !

Le contenu est le moteur du commerce

Pas de contenus, pas de conversations. J’ai déjà eu de nombreuses occasions de vous expliquer que l’importance des contenus pour exister et/ou pour vendre en ligne (L’avenir de l’internet est aux contenus, pas au SoLoMo et Le retour de la revanche du contenu – bis). Je constate néanmoins que si l’on parle de plus en plus de brand content ou de content marketing (je vous laisse chercher sur la toile les différents articles qui tentent maladroitement d’expliquer la différence entre les deux), le contenu de qualité se fait rare. Certes, créer du contenu original est une activité qui représente un budget conséquent, mais essayer d’exister par d’autres moyens est également très couteux (offres de visibilité payantes, mots-clés…).

Que ce soit pour inspirer, acquérir de la crédibilité, augmenter sa visibilité, améliorer sont référencement… le contenu est un actif immatériel indispensable à tout acteur du web ayant un minimum d’ambitions. Le commerce en ligne n’échappe pas à cette règle dans la mesure où la compétition est acharnée et où il faut impérativement se démarquer pour pouvoir s’installer durablement. Dans ce contexte, le contenu vous permet d’acquérir ou de conforter vos parts de marché. Pour certains acteurs du commerce en ligne, le contenu est un élément essentiel de leur modèle économique.

Dans l’univers high-tech, la survivance des blogs de gadgets et autres portails d’informations est assurée grâce à de l’affiliation. Dans l’univers de la mode, c’est encore pire ! Net-a-Porter ou Asos sont des exemples emblématiques de cette compétition.

Les contenus publiés par Asos

Les contenus publiés par Asos

La clé de la réussite est simple : ceux qui ont la capacité de créer du contenu se positionnent en amont du parcours client. Dernièrement la tension est montée d’un cran avec la publication par Net-a-Porter d’un magazine papier : Net-A-Porter’s new shoppable magazine: is it any good?. Tiré à 400.000 exemplaires, le bi-mensuel PORTER ambitionne con concurrencer les autres magazines de mode, un sacré pari pour Net-a-Porter qui a su démontrer son savoir-faire dans ce domaine.

Cette approche radicale en inspire d’autres, à l’image de Cricket’s Circle, une communauté marchande pour les jeunes mamans qui mise également énormément sur les contenus pour gagner en visibilité et driver les ventes : A New Website Could Change Shopping For Expectant Parents.

Le blog de Cricket's Circle

Le blog de Cricket’s Circle

Si l’on part du principe que contenu = commerce, nous sommes en droit de penser que les éditeurs “classiques” ont potentiellement une carte à jouer. Et c’est le cas, notamment avec Condé Nast, le groupe d’édition américain, qui s’est montré très gourmand ces derniers temps en rachetant plusieurs sites de vente en ligne de niche comme Runaway, FarfetchRenédim, Monoqi ou en investissant dans Vestiaire Collective (une stratup française) : Condé Nast gets deeper into e-commerce, leads $20M round in French luxury resale site. Inutile de préciser que les contenus sont particulièrement choyés sur Vestiaire Collective…

Encore plus intéressant, ils viennent de relancer le magazine de décoration intérieure Domino : Condé Nast’s cult design magazine Domino is coming back as an e-commerce store. Le projet n’est pas banal, car ils comptent en fait lancer une plateforme de commerce en ligne en s’appuyant sur Projet Décor, une autre de leurs propriétés.

Les articles publiés sur Domino

Les articles publiés sur Domino

Et pendant ce temps là, la majeure partie des e-commerçant se pose encore la question de savoir s’il y a un intérêt à soigner la description des produits… Je sais qu’il est facile de se moquer et que les marges sont très serrées, mais les contenus sont justement le meilleur moyen de travailler l’attachement à une marque et surtout d’augmenter la valeur perçue des produits. Certes, vous pourriez me dire qu’une stratégie de contenu n’est pas pertinente dans le cadre d’une activité de vente de produits indifférenciés ou à faible valeur, mais nous savons pertinemment que seuls les plus gros distributeurs généralistes en ligne (voir LE plus gros) s’en sortent. Pour tous les autres, et particulièrement pour les produits à forte valeur émotionnelle, les contenus sont indispensables pour exister et performer. À vos claviers !

Les constructeurs automobiles français pas encore au point sur les terminaux mobiles

Les constructeurs automobiles ont toujours été très friands d’interfaces riches, vous trouverez de nombreux exemples en parcourant les archives de ce blog. Aujourd’hui, les mini-sites en flash ne sont plus trop à la mode, si ce n’est pour des réalisations très spectaculaires comme celles de Volvo Trucks ou le récent Race the Sun de Land Rover qui propose une série de mini-jeux synchronisés avec votre smartphone. Il ne reste que quelques irréductibles à proposer un site 100% Flash comme celui de la marque aux chevrons (un bel anachronisme).

Donc dans l’ensemble, les constructeurs automobiles font un usage beaucoup plus modéré de Flash, mais ce n’est pas pour autant qu’ils adressent de façon efficace les terminaux mobiles. Lexus propose ainsi un très beau magazine en ligne en Flash (Beyond Magazine) qui n’est absolument pas compatible avec les smartphones et tablettes.

Le magazine en ligne de Lexus

Le magazine en ligne de Lexus

Et quand bien même il n’était pas réalisé en Flash, il faudrait quand même un peu de travail d’optimisation pour qu’il puisse être consulté dans de bonnes conditions sur un terminal mobile (à l’image du BMW Magazine qui est malheureusement bloqué en Europe). Il en va de même pour les sites web, qui même s’ils sont réalisés en HTML restent difficilement consultables sur smartphone ou tablette. Pour pallier à ce déficit de compatibilité, les constructeurs ont adopté différentes approches.

La première tactique consiste à déployer des applications mobiles. C’est ce que font des constructeurs comme Ford, qui en propose un certain nombre sur Ford Mobile Showcase, ou Audi qui équipe ses concessions (Audi sees iPad app as major sales tool) et qui s’associe avec des éditeurs de services mobiles (Audi / INRIX Sources ParkMe for Live Parking Information).

La deuxième approche consiste à proposer une version mobile de son site, comme le font Renault ou Peugeot.

Le site mobile de Renault

Le site mobile de Renault

Le site mobile de Peugeot

Le site mobile de Peugeot

Vous conviendrez que dans le premier cas, c’est très austère (ça ne donne pas vraiment envie), alors que dans le deuxième cas, il y a trop de raffinements (on ne s’y retrouve pas vraiment). Il existe pourtant de très bons exemples comme Dodge qui propose un site mobile à la fois simple à manipuler et très réussi visuellement.

Le site mobile de Dodge

Le site mobile de Dodge

D’autres constructeurs proposent enfin des sites web hybrides qui fonctionnent aussi bien sur un ordinateur que sur un smartphone ou une tablette. C’est notamment le cas d’Audi USA :

Le site d'Audi USA

Le site d’Audi USA

C’est également le cas de VW en Norvège qui propose un site à part : Volskwagen Showroom.

Le site de VW en Norvège

Le site de VW en Norvège

Ces deux sites ont été conçus selon le principe du responsive design, une technique permet d’avoir une mise en page qui s’adapte à la largeur de l’écran, comme c’est le cas pour le site de Peugeot.

Est-ce réellement utile de propose à la fois un site web compatible, un site mobile ET des applications mobiles ? Oui j’en suis persuadé, car les terminaux alternatifs comme les tablettes sont de plus en plus utilisés à domicile : Retailers must have tablet-first Web experiences in post-PC world. À partir de ce constat, pourquoi se contenter d’une solution en demi-teinte comme le responsive design qui reste un compromis ?

Si les distributeurs indépendants peuvent se contenter d’une solution unique (cf. Responsive Dealer Website), une marque avec un minium d’ambition se doit de proposer un large éventail de solutions :

  • Un site web avec une mise en page flexible pour les ordinateurs et tablettes ;
  • Un site web mobile pour les smartphones ;
  • Des applications mobiles pour des usages très spécifiques (ex : configurateur événementiel pour le lancement d’un nouveau modèle) ;
  • Des mini-sites très spectaculaires (donc destinés aux ordinateurs) pour une opération limitée dans le temps ;
  • Des mini-sites “plaquettes” avec une mise en page et une manipulation adaptée aux tablettes…

Vous l’aurez donc compris, il n’existe pas de solution miracle et il faut un minimum d’investissement pour pouvoir apporter de la satisfaction à des prospects et clients dont les usages se dispersent sur différents types de terminaux. Google a publié à ce sujet un certain nombre d’articles et études sur le Customer Journey to Online Purchase et le Zero Moment of Truth, et plus spécifiquement sur le Mobile Path to Purchase.

Vous pourriez me dire que tout ceci augmente considérablement le budget de développement et que le ROI est plus qu’incertain, et je vous répondrais que vous n’avez pourtant pas vraiment le choix, car cela correspond à un véritable changement de comportement et d’habitudes chez les prospects et clients. Ceci étant dit, nous commençons à avoir un minimum de recul sur la question et les premiers résultats de dispositifs mobiles sont plutôt encourageants : Responsive Design for the Automotive Industry.

La moralité de cet article est qu’il faut investir beaucoup de ressources et d’énergie pour avoir un dispositif en ligne performant, aussi bien en matière de séduction, de transformation, de référencement… Dans tous les cas de figure, simplifier son site web pour le rendre compatible avec les terminaux mobiles est forcément bénéfique pour l’expérience utilisateur. L’exemple d’Audi USA me semble particulièrement parlant, car le site est au final beaucoup plus percutant. Vous ne trouvez pas ?

Une encyclopédie des meilleurs configurateurs en ligne

Si vous lisez ce blog régulièrement, alors vous devez savoir que je suis particulièrement friand de configurateurs en ligne. Aussi le mois dernier j’ai été très agréablement surpris de découvrir que l’agence allemande cyLEDGE avait créé une encyclopédie de configurateurs en ligne (Configurator-Database.com) et qu’ils publiaient même un rapport annuel : The Configurator Database Report 2013.

Plus de 900 configurateurs sont ainsi répartis dans différentes catégories et secteurs d’activité, et ils proposent même une liste des configurateurs les plus populaires et les plus exotiques. Dans cette liste, j’ai retenu les suivants :

  • CupBoardYourWay, qui permet de se créer son étagère personnalisée de rangements ;
  • Clopay, un configurateur de portes de garage ;
  • Cicoil, un configurateur de câbles ;
    cables_cicoil
  • Enfin MyBeans pour créer votre propre mélange de gains de café.
    mybeans

Vous trouverez dans cette encyclopédie de très bons exemples et surtout une preuve que les configurateurs en ligne ne sont pas réservés aux constructeurs automobiles.

(via Mass Customization)

Maybelline succombe à la mode des mini-sites verticaux en HTML5

Il y a un peu plus de 3 ans, naissait la mode des sites à défilement verticaux, popularisée notamment par Ben the Bodyguard. Cette mode allait préfigurer d’un retour spectaculaire sur le devant de la scène des réalisations en HTML qui sont aujourd’hui la norme (HTML5 se généralise pour les showrooms en ligne). L’inexorable montée en puissance des terminaux mobiles (smartphones, tablettes… qui ne peuvent afficher des contenus en Flash) explique en partie ce revirement de marché.

Aujourd’hui, cette technique de construction de site est largement répandue : les textes et images sont affichés au fur et à mesure que l’internaute fait défiler la page vers le bas, le tout, agrémenté de très belles transitions. Le procédé n’est pas neuf, mais il est toujours autant spectaculaire, surtout s’il est parfaitement exécuté. C’est le cas avec Maybelline qui vient de mettre en ligne une nouvelle campagne : The Girl With the Big Eyes.

Le site à défilement vertical de Maybeline

Le site à défilement vertical de Maybeline

Ce mini-site est donc composé d’une timeline à gauche de l’écran et d’un petit menu qui se déplie sur la droite. Une mention “Keep scrolling” vous incite à faire défiler la page vers le bas et à découvrir les séquences qui composent cette page. L’internaute découvre ainsi les différents chapitres de l’histoire qui est racontée, comme autant de scène dans un film.

Les différentes séquences de la page de Maybelline

Les différentes séquences de la page de Maybelline

Chaque séquence est agrémentée d’une transition et d’une animation qui permet d’afficher successivement les éléments en concentrant l’attention. Quand vous arrivez en bas de la page, vous êtes enfin exposé au produit en lui-même.

Le produit du mini-site de Maybelline

Le produit du mini-site de Maybelline

Ce n’est pas tant le contenu ou l’offre qui sont intéressants, mais plutôt la façon dont l’histoire est racontée et l’ambiance posée. Une très belle réalisation de l’agence Code & Theory dont les explications sont ici : Maybelline New York “The Girl With The Big Eyes” written by Code and Theory. Le plus intéressant dans cette histoire est que ce mini-site fonctionne très bien sur les smartphones et surtout les tablettes.

Je ne peux que me réjouir de la généralisation de l’utilisation de HTML5 dans les boutiques en ligne et mini-sites de campagne, les standards du web sont enfin utilisés à bon escient, sans avoir recours à des technologies propriétaires comme Flash. N’allez cependant pas en conclure que Flash est condamné, mais simplement que son usage sera réservé à des interfaces beaucoup plus sophistiquées. D’autant plus que l’environnement de développement Flash Professional peut maintenant être utilisé pour générer du contenu en HTML5 (Flash: the new kid on the block, all over again).

Tendances et nouveaux modèles du commerce en ligne

J’étais la semaine dernière à Lorient pour animer la sixième édition de la conférence Web in Lorient. J’apprécie particulièrement cette conférence, car ils me laissent la possibilité de m’exprimer sur des thèmes qui me sont chers comme la mobilité ou les médias sociaux. Cette année, mon intervention portait sur les dernières tendances en matière de commerce en ligne.

La première chose que l’on peut dire est que le commerce en ligne est un secteur très dynamique qui bénéficie d’une croissance soutenue depuis de nombreuses années. S’il n’y a aucune raison pour croire que cette croissance va s’infléchir, il faut néanmoins noter que la compétition y est redoutable et qu’il est très difficile de bien gagner sa vie, voire de rentabiliser son activité. Je ne vais pas m’étendre sur ce sujet, car d’autres sont plus légitimes que moi.

Concernant les grandes tendances, j’ai listé les suivantes :

J’ai également décrit dans mon intervention de nouveaux modèles :

J’ai enfin abordé le sujet du commerce phygital (physique + digital). Vaste sujet qui fera l’objet d’un article ultérieur.

Le support de mon intervention est disponible ici :

Pour la vidéo, c’est ici (à partir de 2:37) :

Comme il est précisé en conclusion, je suis persuadé que le commerce en ligne est en train de connaître une authentique révolution, notamment sous l’impulsion de nouvelles pratiques liées aux médias sociaux, à la mobilité… Plus généralement, je pense qu’il est urgent de lutter contre les clichés historiques du commerce en ligne (“les cyber-consommateurs sont des radins à la recherche de prix bas“, “on ne peut pas toucher mes produits sur internet, donc je suis à l’abri“, “les boutiques en ligne vont tuer le commerce traditionnel et détruire des emplois“…) et s’efforcer de repenser l’expérience d’achat et le parcours client.

HTML5 se généralise pour les showrooms en ligne

Concevoir un showroom en ligne n’a jamais été chose facile pour les marques, car elles doivent présenter leurs produits dans l’univers graphique le plus valorisant possible, tout en respectant les contraintes des navigateurs. Il y a encore quelques années, la norme était d’utiliser Flash, car cette technologie permettait de libérer la créativité sans trop de soucier du navigateur, puisque le rendu était assuré par un plug-in. Nous sommes bientôt en 2014, et les terminaux alternatifs dominent maintenant le monde, ce qui est problématique car cela multiplie les contraintes. Il faut non seulement se soucier de la surface d’affichage, mais également des capacités des terminaux en eux-même. Un casse-tête impossible pour un éditeur de Adobe qui a renoncé à l’idée de décliner sa technologie Flash sur ces terminaux (principalement pour des questions de performances et d’autonomie). Pendant quelques temps, les génies de chez Apple ont réussis à nous faire croire qu’une application iPhone suffirait à séduire les mobinautes. Mais nous savons maintenant que les choses ne sont pas si simples (En finir avec le débat application vs. site mobile).

Les marques donc revenu à la case départ, à savoir le HTML. La bonne nouvelle est que le HTML de maintenant (dans sa version 5 et bientôt 5.1) est beaucoup plus évolué que le HTML que nous avons connu au siècle passé. Non seulement la dernière itération de HTML permet d’encapsuler de façon native de la vidéo et de l’audio, de proposer de nombreux effets d’animation et de transition, mais également de pouvoir s’adapter aux différentes tailles et formats d’écran. C’est en quelque sorte un retour aux sources pour les annonceurs qui ont dû se réapproprier cette technologie. Après quelques années de flottement, il semblerait que nous atteignons un plateau de maturité avec de superbes réalisations, à la fois spectaculaires et immersives.

Je vous engage ainsi à passer un peu de temps sur les sites suivants :

  • HotelStyle, avec ses très belles transitions et ses nombreuses vidéos encapsulées ;

    Le showroom de HotelStyle

    Le showroom de HotelStyle

  • Diesel et ses nombreuses collections (Shoes & Bags, Intimate 2013, Apparel 2014…)

    La boutique de sacs de Diesel

    La boutique de sacs de Diesel

  • Onitsuka Tiger et sa construction verticale ;

    Le showroom d'OnitsukaTiger

    Le showroom d’OnitsukaTiger

  • HTC et sa construction fractale ;

    Le visuels fractals de HTC

    Le visuels fractals de HTC

  • Sonia Rykiel et ses effet de simili 3D.

    Le showroom de Sonia Rykiel

    Le showroom de Sonia Rykiel

Le point commun de tous ces sites est de proposer des expériences interactives très riches et parfaitement maitrisées : les photos et vidéos y sont généreuses, les transitions agréables, les effets graphiques spectaculaires… Bref, il se passe beaucoup de chose à l’écran et c’est exactement ce dont l’internaute à besoin pour maintenir son attention.

Le plus intéressant dans tout ça est que tous ces sites sont parfaitement compatibles avec les terminaux mobiles comme les smartphones ou tablettes. C’est d’ailleurs tout l’intérêt d’utiliser HTML5 : proposer une expérience riche et différenciante, tout en assurant une compatibilité avec les terminaux mobiles.

Volvo Trucks fait le buzz avec un camion, un octocoptère et des taureaux (et une ballerine, un hamster et un CEO)

Vous connaissiez sûrement Volvo pour ces voitures et ses camions, mais saviez-vous que la marque suédoise est maintenant la nouvelle reine du buzz ? Jusqu’à présent, cette discipline était réservée aux marques sportives ou extrêmes (Nike, GoPro…), mais force est de constater que Volvo Trucks est devenu beaucoup plus entreprenant en matière de vidéos virales avec des réalisations très surprenantes. Ils ont commencé par faire évoluer une ballerine entre deux camions en mouvement (Volvo Trucks, The Ballerina Stunt), puis par faire conduire à hamster (Volvo Trucks, The Hamster Stunt), et dernièrement ils ont suspendu leur CEO au crochet d’un de leurs camions (Volvo Trucks, The Hook).

La cascade est très spectaculaire et démontre l’engagement du patron de la marque qui n’hésite pas à se mettre en danger pour prouver la fiabilité de ses produits. Si ces vidéos sont très impressionnantes, elles ne représentent qu’un intérêt limité en termes d’interactivité. Et c’est là où leur dernière réalisation rentre en scène : Volvo Trucks, The Chase.

Il est donc question d’un camion participant à une course de taureaux dans les ruelles d’une petite ville espagnol pour démontrer l’agilité du modèle. Là où ça devient très intéressant, c’est que cette séquence de course a été filmée avec plus d’une trentaine de caméras que l’on peut visionner de façon synchronisée sur le mini-site The Chase 360°.

Le film déroule de façon naturelle, l’interface vous permet de suivre la progression du camion sur une carte façon GTA et de basculer d’une caméra à une autre sans interrompre la séquence. Cerise sur le gâteau, le camion était équipé d’une caméra à 360° qui permet de regarder dans toutes les directions :

La vidéo à 360° de Volvo Trucks

La vidéo à 360° de Volvo Trucks

J’apprécie particulièrement la vue de la caméra accrochée sur le dos d’un taureau :

La vue "embarquée" sur le dos d'un taureau

La vue “embarquée” sur le dos d’un taureau

J’aime bien aussi les caméras de coureurs, elles permettent de se rendre compte que l’un d’entre eux à mangé du pavé et des sabots :

La vue embarquée des coureurs

La vue embarquée des coureurs

À la fin du visionnage du film, l’interface vous propose une chronologie détaillée avec les différentes timelines et surtout vous indique les séquences que vous avez visionnées :

La chronologie de la vidéo et les différentes timelines

La chronologie de la vidéo et les différentes timelines

Que dire de ce mini-site, si ce n’est que la réalisation est très soignée et que l’expérience vécue en visionnant cette vidéo est incroyablement immersive. Assurément une des plus belles réalisations de l’année, qui justifie l’utilisation de Flash, même en cette époque où l’on ne jure que par les lecteurs vidéo en HTML5.

(via Fast Company)